Infinis

Si l'ombre de nos
murmures
 s'efface

Entendrez-vous
le chant
qui déborde
mes lèvres brodées
en amor?

Lèverez-vous le ciel
de vos yeux fatigués
vers l'horizon
de nos trésors?

Je sais:
L'onde puissante
ne cessera
d'émettre
nos déroutants
accords.


Erell LeNoac'h, avril 2019

Vers demain

Photographie: Kevin Jarett


Ils n'ont pas vu
se lever mes tempêtes,
mais entendu
mes tambours de grêle...

 Je suis la femme
qui ne se sait pas,
j'avance tout bas,
noir sur noir
vert sur bleu
"glaz eo"

J'ai baissé la tête
maintes et maintes fois
J'ai celé mes ailes
qu'on ne me chasse pas...

Avance-toi jusqu'au bout
de la vibrante chaîne
tu verras éclater
mes multiples reflets!

Toi qui connaîs les Temps
et leur turpide rengaine,
affranchis mes empreintes
du sceau des unions passées!

Nous laverons nos craintes
dans l'eau froide de la gorge
frotterons nos oripeaux
aux alluvions des regrets.

Et le soir qui frissonne
saura nous promettre
un jour solide et vagabond
enraciné aux vrais mots.

Erell LeNoac'h, novembre 2009

   Rien, en Poésie, ne s'achève. Tout est en route, à jamais.
   En d'autres temps, d'autres termes, d'autres élans, la Poésie, comme l'amour, se réinvente par-delà toute prescription.
   Ne sommes-nous pas, en premier lieu, des créatures éminemment poétiques?
   Venues on ne sait d'où, tendues vers quelle extrémité? Pétries par le mystère d'un insaisissable destin? Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l'imaginaire? Animées d'une existence qui nous maintient - comme l'arbre - entre terre et ciel, entre racines et créations, mémoires et fictions?
   La Poésie demeurera éternellement présente, à l'écoute de l'incommensurable Vie.

Andrée Chédid, in Rythmes

Encore

Tout temps qui
         parcheminera l'envie
Toute nuit qui
         constellera nos vies
En leur cours
          éclateront nos voix
Emerveillées
      d'être là
           sinueuses encore
                dans leurs entrelacs
                     pulsatiles.

Erell LeNoac'h, avril 2019

À nu

Photographie: Sukanto Debnath




Toi, tu attendais l'orage
Moi, je réclamais nos fièvres.
Tu froissais impatiemment mes pages
J'avalais assidûment tes pierres.
Nous avons heurté les lourdes portes
De la mémoire et de l'oubli,
Et pénétrant sans escorte,
Il nous fallu peindre nos vies.

                                                         Il a plu,
                                                         Tout s'est tu.

Erell LeNoac'h, 2009

Le Grand Bal de l'Europe







J'ai eu le grand bonheur, il y a plus d'une décennie, de tourbillonner quelques étés sur les parquets du Grand Bal. N'ayant pu aller voir le film en salles, il me tarde de m'en procurer le dvd.

Pas de deux



Dans les limbes de nos affleurements passés
Le soleil nimbait nos indicibles chants
Poudre d'aurore
  en danse incessante
Chaos en lueurs
  et nouage des regards.

Toujours mes mots
      seront le lit
   de nos mondes
      en invisible
          adage.

Erell LeNoac'h, avril 2019

L'étrange douceur - René Guy Cadou

Carolus-Duran, Le baiser (1868)



Comme un oiseau dans la tête
Le sang s'est mis à chanter
Des fleurs naissent c'est peut-être
Que mon corps est enchanté

Que je suis lumière et feuilles
Le dormeur des porches bleus
L'églantine que l'on cueille
Les soirs de juin quand il pleut

Dans la chambre un ruisseau coule
Horloge aux cailloux d'argent
On entend le blé qui roule
Vers les meules du couchant

L'air est plein de pailles fraîches
De houblons et de sommeils
Dans le ciel un enfant pêche
Les ablettes du soleil

C'est le toît qui se soulève
Semant d'astres la maison
Je me penche sur tes lèvres
Premiers fruits de la saison.

René Guy Cadou, in Hélène ou le Règne végétal

Les années sombres

Edvard Munch - Madonna

Lorsque tu me vois,
je me surveille;
Lorsque tu m'écoutes,
je m'épie;
Lorsque nous nous croisons,
je suis aux aguets;
Lorsque ton heure arrive
je ne me connais plus,
immergée comme je suis
dans le besoin d'être
comme tu dis
comme tu attends
comme tu veux.
Car mon corps a appris
à redouter tes piques
cinglantes.
Voilà pourquoi
l'envol est devenu nécessaire
quel qu'en soit le prix.

Erell LeNoac'h, 2009

Les pluies



Photographie Mireille Muggianu

Pluies
peines tremblantes
sur les tombes

Pluies
joies rieuses
des jeunes yeuses

Pluies
ires gamines
des ravines

Pluies
nues bretonnes
monotones

Pluies
larmes de suie
dans la nuit

Pluies 
rages viriles
sur les tuiles

Pluies
mer d'Iroise
sur l'ardoise

Pluies
plaques marines
des salines

Pluies
stèles ardentes
dans les sentes

Pluies
patientes fleurs
des demeures

Pluies
paix tranquille
des petites îles

Pluies


Xavier Grall, in La sône des pluies et des tombes

Sylve

Le jardin où tu m'attends
nourrit des lances ligneuses
habillées de voiles nervurées.
A leurs pieds chaque pas
s'enfonce dans l'ombre épaisse
impatiente de s'ouvrir au fil du rai.
Le silence respire
en arythmie tendue.
Ce soir tu m'attends
et l'heure tremble
de ma foi ingénue.

Erell LeNoac'h, 2011

Infinis

Si l'ombre de nos murmures  s'efface Entendrez-vous le chant qui déborde mes lèvres brodées en amor? Lèverez-vo...

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