Silence





Si  l'or de ton silence
parsemait nos vies
resterait-il encore
flammèches en corolles
pour parcourir
nos corps?

De tes mains
je saurai l'embrase,
de ta peau
je saurai l'extase,
en une infinie
valse
élancée.


Erell LeNoac'h, avril 2019

Amants

En recherchant mes nuits comme on se lie d'entraves
Tu as trouvé mon corps parcheminé d'extases.
Et lorsque la lune monte au ciel de nos envies,
Il n'est pas d'animal qui ne nous sache en vie:
Brûlants, de nous chercher encore
Dans les ivresses de nos corps,
Sachant cette quête sans fin,
Croisant nos mots dans son écrin.

Erell LeNoac'h, 2009

Béjart - 1789 et nous

Étant adolescente, je me suis trouvée intensément bouleversée par ce ballet de Maurice Béjart, alors diffusé à la télévision nationale. Aujourd'hui, où mon désir d'art se déploie dans de multiples directions, je suis déçue de constater qu'il ne soit pas possible de le visionner en intégralité dans un enregistrement de qualité.
Ce passage, dansé par Serge Campardon, sur le mouvement Allegretto de la Symphonie n°7 de Beethoven, me touche plus particulièrement, il me paraît dire l'Existence au coeur de l'Humain.



Infinis

Si l'ombre de nos
murmures
 s'efface

Entendrez-vous
le chant
qui déborde
mes lèvres brodées
en amor?

Lèverez-vous le ciel
de vos yeux fatigués
vers l'horizon
de nos trésors?

Je sais:
L'onde puissante
ne cessera
d'émettre
nos déroutants
accords.


Erell LeNoac'h, avril 2019

Vers demain

Photographie: Kevin Jarett


Ils n'ont pas vu
se lever mes tempêtes,
mais entendu
mes tambours de grêle...

 Je suis la femme
qui ne se sait pas,
j'avance tout bas,
noir sur noir
vert sur bleu
"glaz eo"

J'ai baissé la tête
maintes et maintes fois
J'ai celé mes ailes
qu'on ne me chasse pas...

Avance-toi jusqu'au bout
de la vibrante chaîne
tu verras éclater
mes multiples reflets!

Toi qui connaîs les Temps
et leur turpide rengaine,
affranchis mes empreintes
du sceau des unions passées!

Nous laverons nos craintes
dans l'eau froide de la gorge
frotterons nos oripeaux
aux alluvions des regrets.

Et le soir qui frissonne
saura nous promettre
un jour solide et vagabond
enraciné aux vrais mots.

Erell LeNoac'h, novembre 2009

   Rien, en Poésie, ne s'achève. Tout est en route, à jamais.
   En d'autres temps, d'autres termes, d'autres élans, la Poésie, comme l'amour, se réinvente par-delà toute prescription.
   Ne sommes-nous pas, en premier lieu, des créatures éminemment poétiques?
   Venues on ne sait d'où, tendues vers quelle extrémité? Pétries par le mystère d'un insaisissable destin? Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l'imaginaire? Animées d'une existence qui nous maintient - comme l'arbre - entre terre et ciel, entre racines et créations, mémoires et fictions?
   La Poésie demeurera éternellement présente, à l'écoute de l'incommensurable Vie.

Andrée Chédid, in Rythmes

Encore

Tout temps qui
         parcheminera l'envie
Toute nuit qui
         constellera nos vies
En leur cours
          éclateront nos voix
Emerveillées
      d'être là
           sinueuses encore
                dans leurs entrelacs
                     pulsatiles.

Erell LeNoac'h, avril 2019

À nu

Photographie: Sukanto Debnath




Toi, tu attendais l'orage
Moi, je réclamais nos fièvres.
Tu froissais impatiemment mes pages
J'avalais assidûment tes pierres.
Nous avons heurté les lourdes portes
De la mémoire et de l'oubli,
Et pénétrant sans escorte,
Il nous fallu peindre nos vies.

                                                         Il a plu,
                                                         Tout s'est tu.

Erell LeNoac'h, 2009

Le Grand Bal de l'Europe







J'ai eu le grand bonheur, il y a plus d'une décennie, de tourbillonner quelques étés sur les parquets du Grand Bal. N'ayant pu aller voir le film en salles, il me tarde de m'en procurer le dvd.

Pas de deux



Dans les limbes de nos affleurements passés
Le soleil nimbait nos indicibles chants
Poudre d'aurore
  en danse incessante
Chaos en lueurs
  et nouage des regards.

Toujours mes mots
      seront le lit
   de nos mondes
      en invisible
          adage.

Erell LeNoac'h, avril 2019

L'étrange douceur - René Guy Cadou

Carolus-Duran, Le baiser (1868)



Comme un oiseau dans la tête
Le sang s'est mis à chanter
Des fleurs naissent c'est peut-être
Que mon corps est enchanté

Que je suis lumière et feuilles
Le dormeur des porches bleus
L'églantine que l'on cueille
Les soirs de juin quand il pleut

Dans la chambre un ruisseau coule
Horloge aux cailloux d'argent
On entend le blé qui roule
Vers les meules du couchant

L'air est plein de pailles fraîches
De houblons et de sommeils
Dans le ciel un enfant pêche
Les ablettes du soleil

C'est le toît qui se soulève
Semant d'astres la maison
Je me penche sur tes lèvres
Premiers fruits de la saison.

René Guy Cadou, in Hélène ou le Règne végétal

Silence

Si  l'or de ton silence parsemait nos vies resterait-il encore flammèches en corolles pour parcourir nos corps? De te...

Follow by Email

Rechercher dans ce blog