Perler

Se disperser
en un million
de funambules
qui flotteraient
dans l'éther
inachevé.

La traversée serait moins rude
si l'on pouvait
regarder
où le ciel se noie
et l'aster
s'évapore...

Il faudrait clore
en bouche cousue
en mousse dévêtue
en larme éclose.
La beauté du monde
n'en finirait pas
de perler
en un somptueux accord.

Erell LeNoac'h, juin 2019

Ondoiements

Je  suis née des hautes herbes
et de leur valse insensée
de leur parade bruissante
de leur voltige échevelée.

Lorsque le vent dans sa tourmente
insuffle vie
au moindre brin
au moindre fil
ébloui par l'embrun,

Je n'ai que faire
du parfum de la menthe
de la rudesse du thym
que tes pieds foulent
en leur chemin doré.

Suis fille d'Avel
qui joue en Ar Mor
et mes cheveux s'ébrouent
dans leurs noces vibrantes.

Mais ton regard est Glaz
aussi mouvant que l'onde
et lui qui m'a nommée
ne me quittera jamais.

Amante ne suis
et jamais ne serai
bien que ma nuit tremble
de tes longues mains dénouées.

Là où je suis,
le frémissement
s'écrit.

Erell LeNoac'h, juillet 2019

Silence





Si  l'or de ton silence
parsemait nos vies
resterait-il encore
flammèches en corolles
pour parcourir
nos corps?

De tes mains
je saurai l'embrase,
de ta peau
je saurai l'extase,
en une infinie
valse
élancée.


Erell LeNoac'h, avril 2019

Amants

En recherchant mes nuits comme on se lie d'entraves
Tu as trouvé mon corps parcheminé d'extases.
Et lorsque la lune monte au ciel de nos envies,
Il n'est pas d'animal qui ne nous sache en vie:
Brûlants, de nous chercher encore
Dans les ivresses de nos corps,
Sachant cette quête sans fin,
Croisant nos mots dans son écrin.

Erell LeNoac'h, 2009

Béjart - 1789 et nous

Étant adolescente, je me suis trouvée intensément bouleversée par ce ballet de Maurice Béjart, alors diffusé à la télévision nationale. Aujourd'hui, où mon désir d'art se déploie dans de multiples directions, je suis déçue de constater qu'il ne soit pas possible de le visionner en intégralité dans un enregistrement de qualité.
Ce passage, dansé par Serge Campardon, sur le mouvement Allegretto de la Symphonie n°7 de Beethoven, me touche plus particulièrement, il me paraît dire l'Existence au coeur de l'Humain.



Infinis

Si l'ombre de nos
murmures
 s'efface

Entendrez-vous
le chant
qui déborde
mes lèvres brodées
en amor?

Lèverez-vous le ciel
de vos yeux fatigués
vers l'horizon
de nos trésors?

Je sais:
L'onde puissante
ne cessera
d'émettre
nos déroutants
accords.


Erell LeNoac'h, avril 2019

Vers demain

Photographie: Kevin Jarett


Ils n'ont pas vu
se lever mes tempêtes,
mais entendu
mes tambours de grêle...

 Je suis la femme
qui ne se sait pas,
j'avance tout bas,
noir sur noir
vert sur bleu
"glaz eo"

J'ai baissé la tête
maintes et maintes fois
J'ai celé mes ailes
qu'on ne me chasse pas...

Avance-toi jusqu'au bout
de la vibrante chaîne
tu verras éclater
mes multiples reflets!

Toi qui connaîs les Temps
et leur turpide rengaine,
affranchis mes empreintes
du sceau des unions passées!

Nous laverons nos craintes
dans l'eau froide de la gorge
frotterons nos oripeaux
aux alluvions des regrets.

Et le soir qui frissonne
saura nous promettre
un jour solide et vagabond
enraciné aux vrais mots.

Erell LeNoac'h, novembre 2009

   Rien, en Poésie, ne s'achève. Tout est en route, à jamais.
   En d'autres temps, d'autres termes, d'autres élans, la Poésie, comme l'amour, se réinvente par-delà toute prescription.
   Ne sommes-nous pas, en premier lieu, des créatures éminemment poétiques?
   Venues on ne sait d'où, tendues vers quelle extrémité? Pétries par le mystère d'un insaisissable destin? Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l'imaginaire? Animées d'une existence qui nous maintient - comme l'arbre - entre terre et ciel, entre racines et créations, mémoires et fictions?
   La Poésie demeurera éternellement présente, à l'écoute de l'incommensurable Vie.

Andrée Chédid, in Rythmes

Encore

Tout temps qui
         parcheminera l'envie
Toute nuit qui
         constellera nos vies
En leur cours
          éclateront nos voix
Emerveillées
      d'être là
           sinueuses encore
                dans leurs entrelacs
                     pulsatiles.

Erell LeNoac'h, avril 2019

À nu

Photographie: Sukanto Debnath




Toi, tu attendais l'orage
Moi, je réclamais nos fièvres.
Tu froissais impatiemment mes pages
J'avalais assidûment tes pierres.
Nous avons heurté les lourdes portes
De la mémoire et de l'oubli,
Et pénétrant sans escorte,
Il nous fallu peindre nos vies.

                                                         Il a plu,
                                                         Tout s'est tu.

Erell LeNoac'h, 2009

Le Grand Bal de l'Europe







J'ai eu le grand bonheur, il y a plus d'une décennie, de tourbillonner quelques étés sur les parquets du Grand Bal. N'ayant pu aller voir le film en salles, il me tarde de m'en procurer le dvd.

Perler

Se disperser en un million de funambules qui flotteraient dans l'éther inachevé. La traversée serait moins rude si l'on pouv...

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